On en entend de plus en plus parler, car on s’aperçoit qu’elles sont concrètes : les périodes sensibles. Elles touchent tout enfant, et ont été détectées par Maria Montessori. Elle s’est aperçue, en observant l’enfant, qu’il passe par des périodes spécifiques durant lesquelles il a tel intérêt pour telle chose, de façon spontanée et immédiate, et que ces intérêts disparaissent comme ils sont venus, selon les âges. Alors quelles sont-elles ? A quels âges ? Comment les détecter ?

Montessori : les périodes sensibles

Il est important pour le parent de connaître son enfant, afin de pouvoir l’aider et lui transmettre au mieux. Le connaître ? C’est simplement l’observer. Et par l’observation, nous pouvons détecter ces fameuses périodes sensibles. Durant celles-ci, l’effort fourni par l’enfant est beaucoup moins important que s’il le fournissait en dehors de la période sensible. Étrange non ? Et pourtant vrai.

Quelles sont les périodes sensibles ?

  • La naissance à 6 ans : le langage : l’enfant interroge sur les sons, les lettres, répète les mots
  • La naissance à 5 ans : le développement sensoriel : il sent et touche tout
  • 1 à 2 ans : les petits objets : l’enfant découvre les interrupteurs
  • 1 à 3 ans : l’ordre : l’enfant est intéressé par les poubelles, les placards
  • 2 à 5 ans : le social : envie de parler et voir des tiers
  • 1 à 4 ans : le mouvement : l’enfant réalise des parcours dans le salon, ou marche sur le sol sans toucher des lignes (on l’a toutes fait non ?)

Entre 0 et 6 ans, le cerveau est en pleine maturation. Durant justement ces périodes sensibles. Il se développe de façon structurée, selon un plan précis de développement.

Et en dehors des périodes sensibles ?

Durant les périodes sensibles, l’apprentissage est plus aisé puisque le cerveau est apte à le recevoir. L’apprentissage doit être fait. Certains apprentissages ne peuvent être effectués hors période sensible, par exemple la prononciation des sons.

Comment détecter les périodes sensibles ?

Il suffit de passer uniquement par l’observation ! Si l’enfant change soudainement d’intérêt ou a un intérêt pour une chose qu’il n’avait pas avant, c’est une période sensible. On ne contraint pas, on n’impose pas tel ou tel apprentissage mais on accompagne. L’enfant doit être libre de suivre ses hobbies et ne pas se sentir contraint. S’il a un besoin, une interrogation, il les fera ressentir en questionnant ou sollicitant. Il ne faut avoir aucune inquiétude de ce côté là. Il a juste besoin de satisfaire son intérêt, le temps qu’il lui faut. Cela peut être très bref comme long. Il n’y a pas de durée définie donc n’ayez aucune crainte. Et lorsque son intérêt sera satisfait, et bien il passera à autre chose ! Il peut revenir sur des choses déjà passées : non pas qu’il n’ait pas assimilé, mais le besoin de revenir vers cette chose peut être ressenti.

Notre rôle ? Accompagner ! Ne pas imposer. Observer. Ne pas juger.

Comment accompagner mon enfant durant les périodes sensibles ?

La période sensible du langage

  • Je lui raconte des histoires
  • Je lui montre et lui met des livres à sa disposition
  • Nous programmons une visite à la bibliothèque par semaine
  • Le dialogue avec lui
  • Je décris mes gestes
  • Je lui dis le son des lettres (et non le nom)
  • Mettre à disposition des jeux ludiques comme des lettres aimantées…

La période sensible du développement sensoriel

  • Petit, il va mettre tout à sa bouche : je le laisse faire autant que possible, en sécurité, avec une bonne hygiène. Il doit explorer !
  • Je mets mon enfant en lien avec la nature : toucher l’écorce d’un arbre, sentir les fleurs, piétiner le sable…
  • Nous échangeons sur les sentiments, les sensations.
  • Le laisser découvrir les choses pieds nus
  • Lui faire manipuler différentes matières : herbe, brindilles, cailloux, coton… Par l’intermédiaire de boîtes à toucher.
  • Il peut toucher avec tout son corps, et pas que ses mains : peinture avec les pieds, par exemple
  • Organiser un atelier du goût
  • L’initier aux langues étrangères

La période sensible des petits objets

  • Je le laisse toucher ! Tant qu’il n’y a aucun danger et que le respect est appliqué (me demander la permission pour prendre mes affaires par exemple), je le laisse découvrir avec ses mains !
  • Il peut toucher vêtements, bijoux, tissus
  • Je le laisse palper l’environnement naturel : cailloux, herbe, animaux tels que les escargots…

La période sensible de l’ordre

  • Je lui mets à sa disposition un chiffon, une éponge, une petite pelle. Ainsi il peut, quand il le souhaite, utiliser le matériel et participer aux tâches de la maison
  • Je peux lui proposer un jeu : jeter tout ce qui doit aller à la poubelle
  • Je laisse à sa portée des boîtes pour qu’il puisse ranger
  • Le matériel que je lui propose doit être à sa taille
  • Je l’inclut, selon son âge, dans les tâches culinaires, le rangement, le jardinage

La période sensible du mouvement

  • Je le laisse explorer ! Il peut marcher sur un bord de trottoir, du bois…
  • Une échelle ? Pas de souci, je reste à portée de lui
  • Ciseaux, crayons, il développe le mouvement et sa motricité fine
  • Je lui laisse à disposition une multitude d’objets qu’il peut manipuler sans danger
  • Courir, grimper, sauter, tourner, tout est permis !

La période sensible du développement social

  • Il veut voir d’autres enfants, leur parler, les toucher
  • Je lui apprend à ne pas taper, ne pas mordre ni faire du mal. Petit l’enfant n’a pas connaissance du mal mais c’est plutôt un trop plein d’émotions (ou de frustration) qui le poussent à réagir ainsi : il s’exprime !
  • Je l’écoute et j’accueille ses propos avec douceur

Anecdote

J’ai eu le cas personnellement et cette aventure me reste en tête, pour mon aînée. Lorsqu’elle a eu 4 ans, je bataillais pour lui apprendre le son des lettres. J’introduisais la lecture progressivement mais rien ne passait : elle ne voulait pas. Même l’apprentissage d’un son ne passait pas. Et puis un jour, d’elle-même, elle m’a interrogé sur les lettres. Parce que cela l’intriguait. L’intéressait. J’avais simplement à lui répondre. En un mois : elle savait lire. Cette anecdote pour vous démontrer plusieurs choses :

  • J’ai eu beau forcer l’apprentissage de la lecture, elle n’était pas prête
  • Par ses interrogations, j’ai pu comprendre et détecter sa période sensible
  • Plutôt que d’instruire, j’ai opté pour le rôle d’accompagnateur, et elle a appris ainsi à lire, toute seule

Je me suis donc servie de cette expérience, que je n’oublierai pas, pour mes deux garçons. Je ne leur ai fait aucun apprentissage concernant la lecture, ils ont appris tout seul par la visualisation et leurs questions. Lors de leurs périodes sensibles, j’étais présente (je me rappelle même mon dernier fils, qui, quand il allait aux toilettes, m’interrogeait sur les lettres de l’emballage du papier WC !). Ainsi, à 4 ans, ils savaient lire tout seuls, des romans, fluidement.

Donc n’ayez nulle crainte, même pour un apprentissage si important. Rien ne sert de forcer, il suffit simplement d’observer !

Connaissiez-vous les périodes sensibles ? Les avez-vous détectées ? Si oui, comment ?

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Source : Montessori à la maison


ummacademy

Maman de 3 enfants instruits en famille depuis 2013. Assistante maternelle formée à la pédagogie Montessori. Auteure de 4 ouvrages, formatrice sur l'école à la maison, fondatrice des sites Apprends-Moi Ummi et Fiches Islam IEF

    1 Répondre à "Les périodes sensibles : les connaître pour mieux transmettre"

    • Umm Idris

      As salam alaykoum, les périodes sensibles ce n’est que jusqu’à 6 ans ou il peut y en avoir plus tard? Par exemple un enfant de 10 ans qui aime aligner ses voitures c’est une période sensible ou juste il prend soin de ses voitures ?

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